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LES MENUISIERS
La légende ferait remonter les métiers de charpentier
et de menuisier à la construction
du temple du roi Salomon (autour
du 10° siècle avant notre ère).
Jusqu'à la fin 14° siècle, les métiers de charpentier et
de menuisier sont confondus sous
le même vocable :
les menuisiers étaient des "charpentiers
de la petite cognée", les charpentiers
étaient des "charpentiers de la
grande cognée".
L'apparition de l'art ogival a marqué un tournant dans l'évolution
des métiers du bois. Les piliers
espacés reliés par des arcs, caractéristiques
de l'art ogival, forment une
ossature très solide dont on comble
les interstices avec de légers murs
de remplissage.
Avec l'évolution de leurs outils, les "charpentiers de
la petite cognée" s'en sont
inspiré. Les "huchiers" , les "escriniers"
ou les "fustiers" cessèrent alors de fabriquer les parois de leurs coffres
avec des planches simplement équarries, taillées d’une seule pièce et
consolidées par des armatures métalliques. Ils construisirent des cadres constitués de pièces de
bois plus fines, bien calibrées et solidement assemblées par tenons et
mortaises. Dans la succession de cadres qui composaient cette membrure,
ils embrevaient (c-à-d. qu'ils joignaient des pièces de bois par un assemblage oblique) des panneaux plus minces qui jouaient le rôle des murs
de remplissage.
En 1290,
Jean de Montigny, prévôt de Paris, instaure une
communauté de travailleurs du bois distincte de celle des
charpentiers : les huchiers. Les huchiers fabriquaient non seulement les huches
(coffres de rangement) mais aussi d'autres meubles : tables,
bancs..., et en général tous travaux en bois pour
l'aménagement intérieur et extérieur de
l'habitation. Ils s'adonnaient également à la sculpture
pour la décoration de ses ouvrages. Ils étaient donc
à la fois menuisiers et sculpteurs sur bois au sens que nous
donnons aujourd'hui à ces termes.
Par ordonnance de 1371 Hugues d'Aubriot, également
prévôt de Paris, délivre des statuts
où
l’appellation de Huchier-Menuisier apparaît. C'est cette
ordonnance qui impose, pour l'accès à la
maîtrise, l'épreuve du chef-d'oeuvre à tout
candidat à l'état de maître.
En 1382, un
arrêt du roi Charles VI confirme
cette ordonnance. Devenu fou en
1392 (ce qui ne semble pas avoir
de rapport avec les charpentiers
!) ce roi de France restera
dans l'histoire sous le sobriquet
de Charles le Fol.
Au 15° siècle, les menuisiers obtiennent un statut propre
et il leur est demandé de "signer"
leurs ouvrages (estampilles).
Au 17° siècle (1637), à la suite d'un procès ayant opposé
les maîtres-menuisiers et les maîtres-tapissiers,
le marquage devient obligatoire
et les tapissiers ne peuvent vendre
que des meubles marqués, fabriqués
exclusivement par des maîtres-menuisiers.
 Jeton de la Communauté des
Menuisiers Ebénistes (l 748)
 un atelier de menuiserie en 1880
BIBLIOGRAPHIE
:
Vers 1268, un certain Etienne Boileau, prévôt
des marchands a publié un
"Livre des Métiers" qui est la première grande compilation de règlements et définitions sur les métiers et corporations.
Enrichi en 1879, il a est réédité
par la Bibliothèque des Arts, Sciences & Techniques.

On y apprend, par exemple, que la corporation des charpentierles
comprenait :
- Pour la construction des maisons
- les charpentiers grossiers qui exécutent les
ossatures ;
- les huissiers, spécialistes des portes et des
fenêtres ;
- les couvreurs, revêtant les toitures de tuiles de bois ;
- les lambrisseurs, décorant murs intérieurs et
plafonds ;
- Pour les objets usuels ménagers :
- les huchiers, fabriquant les meubles ;
- les tourneurs, façonnant au tour les pièces de
révolution ;
- les tonneliers, spécialistes des récipients
(tonneaux, cuviers, bailles ou baquets...) ;
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